Il est prudent de mesurer les phénomènes diaboliques à leur juste place : ne pas sous-estimer, ni surestimer. Une personne peut réellement souffrir de comportements troublants : elle entend des voix, elle présente une agitation inhabituelle. Elle peut aussi ressentir une détresse vraiment profonde. Est-ce le signe d’une possession ? Une grande prudence est requise par l’Eglise catholique. Cette dernière insiste sur le rôle fondamental des médecins et des psychiatres.
Pourquoi l’Église distingue-t-elle possession et maladie psychique ?

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique (n° 1673) rappelle l’origine et le fondement de l’exorcisme mais aussi l’importance des maladies « dont le soin relève de la science médicale ». Le but est simple : s’assurer, avant de célébrer l’exorcisme, qu’il s’agit d’une présence du Malin, et non pas d’une maladie.
Il est à noter que la personne qui souffre d’une maladie n’est pas responsable de sa maladie : elle n’est pas, non plus privée de foi. Je prie souvent pour les médecins que Dieu me donne : c’est une bénédiction. Et c’est à travers de leur ministère que je peux être soigné, accompagné et guéri.
En d’autres termes, si je recherche une explication médicale au mal dont je souffre, je ne manque pas de foi.
Comment le prêtre exorciste procède-t-il au discernement ?
Un prêtre exorciste procède par étapes. Il accueille la personne. C’est un temps d’écoute de son histoire. Il va essayer de rechercher les causes physiques, psychologiques ou psychiatriques. Il peut ainsi avoir recours aux professionnels de la santé. A la fin du parcours, c’est avec prudence il va poser une appréciation spirituelle.
En effet, le prêtre exorciste a besoin d’avoir une certitude morale pour s’engager dans un grand exorcisme. La prudence est mère de sureté comme le dit le proverbe.
Parfois, des manifestations exceptionnelles et une accumulation de comportements surprenants ne suffisent pas à démontrer que l’on a à faire à une cause démoniaque.
La décision du prêtre de pratiquer l’exorcisme demande du temps, une grande compétence et beaucoup d’humilité.
Pourquoi l’exorcisme ne doit-il jamais remplacer les soins ?

L’un n’exclut pas les soins. Il y a une complémentarité entre être accompagné spirituellement et médicalement. Les traitements en cours ne sont pas abandonnés. La personne doit être protégée. Le prêtre doit veiller à ne pas exploiter la peur.
C’est un service totalement gratuit. Le prêtre doit vérifier que les règles sont bien appliquées. Il doit veiller à ne pas pratiquer le grand exorcisme que dans des cas exceptionnels.
La personne, qui vient demander le secours de l’Eglise, doit être accueillie. Quel que soit la nature de la souffrance, la personne mérite une attention, des soins et un accompagnement délicat.
Si je devais reformuler autrement, je dirais que l’objectif n’est pas de voir de diable partout. C’est plutôt de rechercher la vérité pour aider concrètement la personne qui souffre.
Pour méditer
« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. »
– Marc 2,17
Pour aller plus loin
Tu penses quoi de la vie après la mort ? Une suggestion, une question, un conseil ? Viens chat'er avec nous !

Notre association ne vit que de dons. Si vous aimez cette plateforme sur la vie après la mort, faites un don.





