Le cinéma nous montre souvent l’action du mal de façon spectaculaire avec des films catastrophe. Pourtant, le mal n’a pas nécessairement besoin de violence, ni de crimes, de guerres ou de manifestations démoniaques pour se manifester. Bien souvent, c’est par des attitudes anodines qu’il se déploie : un mensonge par-ci, une petite jalousie, un acte un peu lâche ou plus simplement une volonté de dominer quelqu’un. Comment faire pour débusquer le mal avant qu’il ne prenne toute son ampleur ?
Pourquoi le mal se présente-t-il rarement sous un visage effrayant ?

Au Moyen Âge, les gens avaient peur du diable qu’ils représentaient comme une créature monstrueuse, hideuse et immédiatement reconnaissable. Pourtant, la Bible parle de Satan comme un tentateur et un trompeur. Jésus, lui-même, le désigne comme le « père du mensonge » (Jean 8, 44).
En effet, pour tenter l’homme, il emprunte des apparences séduisantes comme le pouvoir, le plaisir, la vengeance présentée comme justice, l’orgueil déguisé en assurance. Saint Paul évoque Satan se déguisant en ange de lumière (2 Corinthiens 11,14).
Hélas, la tentation nous présente ce qui nous éloigne progressivement de Dieu comme un bien. Et soyons humbles : parfois le diable n’a pas besoin de nous pousser pour que nous fassions le mal. Bien souvent, c’est en utilisant seulement notre liberté humaine que nous commettons le mal.
Comment de petits renoncements peuvent-ils conduire à de grands maux ?
En réalité, le mal se réalise par accumulation de décisions et de silences.
D’abord, un mensonge vite consenti va en entraîner un autre. Puis, une injustice, que nous acceptons, devient petit à petit une habitude. De même, nos renoncements, nos abandons, nos lâchetés et nos silences complices peuvent favoriser la progression du mal. En d’autres termes, nous nous habituons à tolérer ce qui devrait être dénoncé.
Le 20ème siècle illustre bien que les grands drames historiques soient nés de politiques de persécution et de déshumanisation. Résultat : des violences massives et meurtrières.
Saint Jean-Paul II était prophétique quand il évoquait « les structures de péché » : ce sont des situations d’injustice entretenues par des comportements et des décisions humaines, tels un virus qui se propage silencieusement avant de révéler ses effets destructeurs.
Comment résister au mal avec les armes de Dieu ?

Saint Paul nous guide en nous donnant un mode d’emploi : c’est un véritable équipement spirituel pour résister au mal.
Dans Ephésiens 6, il invite les chrétiens à se revêtir des armes de Dieu : la prière, la vérité, la justice, la foi et le salut. Cet arsenal répond directement aux moyens par lesquels le mal progresse.
Par des décisions quotidiennes, nous pouvons lutter contre ce mal insidieux et invisible. Si nous sommes témoins d’une situation mauvaise, refusons de participer à une injustice, dénonçons un mensonge et défendons la dignité d’une personne.
Le chrétien sait qu’avec ces armes avec lesquelles il résiste, il obtiendra la victoire car le Christ a définitivement vaincu le mal.
Pour méditer
Éphésiens 6,11 :
« Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du diable. »
Pour aller plus loin
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